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« En deux décennies, un petit hameau devient ville. En deux décennies, sa seule école technique devient Centre. Après deux décennies, on se souvient d’avoir visité une Ecole pas comme les autres… Une école de renom mondial! Il m’a été donné de voir des villes changer en vingt ans de carrière, poursuit l’auteur. Il m’a été donné de voir le village se transformer en ville, et la ville se transformer en mégapole, au point de ne plus la reconnaître… Sidi Makhlouf, Hassi Bah Bah, Aïn Oussera, Hassi R’Mel, Laghouat… toutes ces villes ont grandi, mais grandi suivant l’aune normale...
… Il est une ville qui cependant dépassa cette mesure. Cette ville, c’est celle de Hassi-Messaoud. Du simple village qu’elle était, à l’aube des années 80, une ville grande, multiforme, naquit. Dès les années 90, elle s’affirmait et se voulait, toute proportion gardée, une mégapole, une ville occupée qui, ne connaissant pas le répit, ne connaissait plus le repos...
Qu’il est loin, le seul point d’eau connu des nomades il y a quarante ans !
Qu’il est loin le hameau des années 70 au sommeil perturbé et quasi endémique… Qu’il est loin, le temps où on pensait en termes de bases et de camps, de champ! Qu’il est loin le temps où les routes étaient rares et rarement goudronnées! Ah! Qu’il est loin le temps où il fallait prouver à toute force qu’on est la ville sur laquelle l’Etat peut compter pour prouver ses miracles! La ville N°1. La ville des défis. La ville des formations de choc destinées à remplacer TOTAL et La REPAL sur le terrain. La ville qui fourbissait ses armes pour être à même de relever les Grands Défis du moment !
… Je n’étais qu’un hameau, mais je tenais à être « LA » Ville… J’avais pour ça un Institut, et la foi ne manquait pas de faire de ceux qu’il abritait des foreurs stakhanovistes, des monstres d’endurance, des rois de la force physique.
J’ai formé, formé, formé, cette race d’hommes dont le dessein est de peupler les plateformes jadis gérées par ESSO SHELL, REPAL et TOTAL. J’ai formé cette race dont le destin est de peupler le désert, cette race qui doit donner à Hassi-Messaoud une autre dimension. J’ai formé dans ce Centre, ancienne caserne de la SAS jusqu’à l’Indépendance, d’autres légions pour recueillir l’or noir quand Hassi-Messaoud n’était qu’un point sur la carte,… Un hameau. Le hameau devient bourg, le bourg devient village, le village devient ville, et presqu’en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, cette ville devient mégapole, pour ainsi dire.
Son Institut se transforme en Entreprise de Formation pour tout le secteur des hydrocarbures. Il a gardé bien sûr son allure de « Camp d’explo » coloniale. Ses bungalows noyés dans un cadre de verdure… Ses orangeraies à l’ombre des grands eucalyptus, ses citronniers, ses bouquets d’hibiscus, et ses buissons de roses. Chatoyant parterre de fleurs… Un miracle ! par contraste avec le désert aux alentours.
Mais venez donc ! Emboîtant le pas à Soufiane, l’homme à la tenue impeccable, l’homme à la cravate des grands jours… Allons visiter le Centre formateur de tant de jeunes pétroliers !
Là, sur la gauche se trouve la puissante DAF (Direction Administration & Finances) du coin, une ruche, en face du bureau du PDG, qui exécute les comptes et les décomptes de tout un chacun. Ici, sur la droite, se trouve le bureau du PDG et de son administration, là, le Personnel, ici, le Standardiste, l’homme à n’en point douter le plus sollicité du Centre ! Là, derrière ce magnifique jardin au style japonais s’élève le premier bâtiment en dur : le Centre de la Publication - la PAO (Publication Assistée par Ordinateur), qui reproduit les dessins, les schémas, les affiches, et un centre de reprographie. C’est dans ce centre que viennent se concocter les documents, les livres, les graphes, les dessins et autres fascicules des maîtres es conférences venus de très loin faire aux séminaristes, hommes de terrain et autres ingénieurs, le compte menu de leurs trouvailles et de leurs découvertes en Alberta, en Angleterre ou en Ecosse. Ces séminaristes d’un genre nouveau et d’un certain âge, qui viennent au Centre de Formation sont, est-il besoin de le dire, les jeunes stagiaires venus autrefois se prouver qu’ils étaient capables comme des grands, n’en déplaise à REPAL où à TOTAL, d’extirper l’huile des pierres- « Ya jébdou l’gaz. »
Et puis là, vis-à-vis de la DAF, se trouve le bureau du Responsable Sécurité : rien ce qui bouge ne lui échappe. Il est le responsable des jeunes gens en uniforme qui gardent NAFTOGAZ… Tenez, au poste de police, c’est Boualem. C’est lui qui accueille les visiteurs. Ils sont polis, ces petits Cadets, et souriants. Ils sont le premier visage que le monde extérieur a de notre Centre. Mais ne vous y trompez pas ! Quand l’alerte est chaude, ils sont bien là, ces garçons ! Quand le feu se déclare, par exemple, il faut voir ce même Boualem « courir sus » comme le roi des pompiers . Il faut les voir courir, extincteurs en mains !
A côté, se trouve le bureau du Chef du Département Technique. Ici sont accueillis, le visage souriant, la voix haute et claire, en Anglais châtié, ou en Arabe classique ou démotique, le consultant canadien ou égyptien. De grands éclats de rire, et voilà, le tour est joué ! Le champion canadien ou le frère égyptien se sentent bien chez eux à NAFTOGAZ. Et la session recommence…
En face, le chalet cuisine et le restaurant des stagiaires. A droite et sur le côté, se trouve le restaurant pour les cadres et invités de haut rang, bâti en dur.
Vous voyez, là-bas, c’est le bâtiment Contrôle des Eruptions. Le joyau du Centre ! Le bâtiment du simulateur… N’entre pas qui veut là-dedans ! Il y a toujours le responsable, Si Gharès. Le bâtiment du simulateur ne désemplit pas. Semaine après semaine, de nouveau « vieux de la vieille » débarquent ici pour tester ce qu’il leur reste de savoir sur les éruptions… Ce sont aujourd’hui des Superviseurs, des Super intendants, des Chefs de Chantier, des Chefs de Poste. Ils viennent au Centre actualiser leurs connaissances des kicks et des venues des puits en éruption. La plupart s’en vont avec un diplôme international valable durant deux ans, de l’IWCF. Et, croyez-moi, NAFTOGAZ fut le premier Centre en Afrique à être autorisé à délivrer ce diplôme-là…
Là, voyez-vous, c’est le Département Informatique, ici les agents des sociétés viennent apprendre à taquiner la souris, à s’exprimer C-D aidant, en langue informatique. C’est ici qu’a commencé NAFTOGAZ. C’est ici qu’ont commencé les sociétés pétrolières à transformer leurs agents dactylographes en informaticiens chevronnés. C’est ici que les cadres de terrain des sociétés pétrolières, et non plus seulement des dactylos, ont appris à transformer leurs habitudes. Ils savent aujourd’hui communiquer, préserver, garder pour plus tard une information en mémoire comme on garde un dossier. Cela aussi ne désemplit pas !
Là-bas, sur la droite, c’était le bloc Production. De nos jours, la Production et le Forage activités traditionnelles du Centre partagent le même quartier. L’ENSP, l’ENTP et l’ENAFOR continuent à former chez nous leurs Techniciens Accrocheurs, Fluides de Forage, et Word-Over. Certains de ces jeunes gens ont des diplômes universitaires, des ingénieurs ! Ils acceptent le métier d’accrocheur parce que c’est le seul disponible, et… il faut bien gagner sa vie. Toujours qu’ils sont bien plus âgés que les loups des années folles… des années 70. Et ils sont autrement plus déliés en … Anglais !
Il y a aussi la Bibliothèque du Centre, encore à ses débuts mais en cours de changement. L’idée est de la transformer en Grande Bibliothèque pour tout le secteur des hydrocarbures… Un Centre de Documentation, un lieu qui « vive », un point de rencontre de tous les Pétroliers, une sorte de Club à eux. Enfin, un lieu de rencontre des chercheurs. Comme on a vu, par exemple, les « Magistères » du Centre de Recherches et Développement-SH, se grouper lors de leur stage, ici, autour des livres spécifiques sur le pétrole. Il ne manque plus à cette Bibliothèque que l’Internet, quelques vidéos et quelques appareils de Reprographie. De toute façon, c’est une idée qui suit son cours.
Dans ce bâtiment se trouve aussi la cellule « bien » de NAFTOGAZ, celle qui touche les entreprises, recueille leurs vœux et prend contact avec les conférenciers que le Canada se fait un plaisir de nous fournir… contre argent sonnant et trébuchant.
Venez avec moi, visitons le dernier bâtiment en face. Autrefois réservé aux Electromécaniciens et aux Instrumentistes. Ici travaillent nos amis du CCI, un organisme algérien chargé de diffuser la langue de Shakespeare. Ils ont tous les moyens de NAFTOGAZ : les laboratoires de langues, les vidéos, les cassettes, les livres, les moyens audio-visuels qu’il faut, enfin tout, tout, tout…
La ville s’agrandit, son aéroport devient le deuxième du Pays, outre AIR ALGERIE, avec ses quatorze avions, pas moins de trois compagnies qui, de Tassilli, Khelifa et Antinéa, relient Hassi-Messaoud, le « Puits du Bienheureux », aux différents points, tant céans qu’au dehors…
Je n’étais qu’un hameau avec un Centre. J’avais l’ambition de devenir ville. Les écoles du pays étaient ouvertes aux pays frères et amis : la Tunisie insista pour que ses gars soient formés à Hassi-Messaoud… Le Cameroun… La Syrie. Nos amis du Congo Démocratique… Le Bangladesh… tous ces pays se mettaient à chercher sur la carte , -le point-, où leurs stagiaires étaient en formation… un hameau destiné à être la grande ville.
Le Centre, caserne de la SAS, est resté une caserne. Fermé à l’extérieur. S’occupant de ses seuls poulains, il participait à une relève. Le relève de TOTAL et SN-REPAL par de jeunes Algériens qui ne doutaient de rien !
En deux décennies, le petit hameau devient ville et le Centre jadis fermé pour les besoins de la cause, devient ouvert, comme l’école d’une grande ville, comme une véritable université, un lieu où des hommes dans la force de l’âge viennent échanger des connaissances, voire en acquérir. Un lieu qu’on visite étant écolier, et dont on se souvient à l’âge de raison d’avoir vu là-bas quelque chose d’étonnant à Hassi-Messaoud. Welcome to Naftogaz ! »
N. COTTE
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